La métamorphose d'une Phie - Tome II 1962 -1966
La métamorphose d'une Phie - Tome II 1962 -1966
Auteur : Fébronie Tsassis
Nous découvrons la suite des aventures de Phie et sa famille dans un Molenbeek Saint-Jean des années 60 encore florissant. Nous suivons les parcours scolaire, le travail des parents… La mort et la vie qui s’en mêlent effrontément. Les rebondissements sont nombreux, inattendus et forment la trame de ce récit autobiographique qui emmène le lecteur dans les méandres des cultures grecque et belge sur fond d’Histoire universelle.
Date de parution :
Nombre de pages : 337
ISBN : 9782808319751
Impossible de charger la disponibilité du service de retrait

-
Autres informations
La famille Tsassis quitte le Pays Noir pour s’installer dans un Molenbeek Saint-Jean encore riche et industrialisé. L’auteure nous raconte l’histoire de cette commune, le Petit Manchester, et son évolution dans un monde de plus en plus multiculturel.
La petite Phie porte dans son maigre bagage une scolarité proche de zéro, un gentil papa mineur, une mère autoritaire ne souffrant aucun manquement, un grand frère promis à un avenir brillant et puis ce fameux petit frère… Mais tout cela va bientôt changer. Elle va faire la connaissance d’un ange gardien, son institutrice, qui l’a prendra sous son aile et lui fera faire des prouesses dans cette toute nouvelle école Oscar Bossaert de Koekelberg.
Le petit frère sera emmené par sa mère en Grèce afin qu’un miracle se produise mais en vain. Ce sera à son retour en Belgique qu’un médecin exceptionnel l’acceptera dans le centre qu’il avait tout spécialement créé pour ce genre d’handicap. Libérée de la garde des enfants, la mère commencera à travailler dans les Caisseries Jean Van Campenhout et le père quittera la mine pour être manœuvre dans des laminoirs.
Malheureusement, le grand frère aura également un gros problème de santé ce qui obligera les parents à revoir leur mode de fonctionnement et à faire face aux vicissitudes de la vie. Ils achèteront une voiture et grâce à elle, ils pourront revenir au pays après 10 années d’absence.
L’expo 58, l’assassinat de Kennedy, la décolonisation du Congo, le fédéralisme de la Belgique, la diaspora grecque à Bruxelles et quelques personnalités célèbres… forment la toile de fond de cette autobiographie qui se veut malgré tout, légère et drôle.
Extraits
« Molenbeek devenait trop petit, les entreprises allaient grandir ailleurs…
Le déclin économique observait Molenbeek de loin, se rapprochant insidieusement jusqu’à l’étouffer dans ses bras sinistres. La première guerre mondiale avait fait trembler le monde, la grande dépression était venue ajouter sa misère et Molenbeek avait ressenti leurs effets pervers jusque dans ses fondements. Le manque d’investissement des années d’après-guerre et la concurrence internationale continuèrent de l’achever. De plus, le transport par route et par train en lieu et place du transport maritime sonnait le glas pour les ports de Bruxelles. Le train sera lui aussi bientôt remplacé par le métro et le canal ne transportera presque plus que du pétrole. Les entrepôts allaient fermer les uns derrière les autres laissant sur les bords des canaux des chancres et des terrains désaffectés générant une zone d’insécurité ressentie.
La majorité des activités portuaires se déplaçaient vers le nord…
De plus, dans le cadre de l’Expo 58, énormément de parkings avaient été construits mangeant aussi du bon terrain à construire. Les temps étaient très difficiles, les industries, si elles ne déménageaient pas quittant le centre de la ville pour la périphérie, soit étaient rachetées par des groupes plus puissants soit fermaient. Dans le sillon menant vers l’exode s’engouffraient également les habitants de la capitale qui cherchaient plus de verdure et de calme campagnard fuyant ainsi la touffeur citadine. Le grand exode des villes commençait et, par là même, leur paupérisation. Le coup fatal restant la crise pétrolière au début des années 1970.
L’insalubrité des maisons s’installait petit à petit, les propriétaires n’ayant plus les moyens, ou l’envie, pour les entretenir. Les bâtiments abandonnés devenaient les chancres de la ville… Molenbeek devait absolument changer de fonction et épouser un nouveau rôle. Aujourd’hui, on voit que ce dernier tend vers celui d’amuseur public. La commune entamera un long processus de rénovation afin de se faire décor et berceau d’œuvres diverses. Elle deviendra protectrice des arts et, en mécène généreux, veillera à la diversité des amusements offerts au bon peuple… »
« Je commençais ma troisième primaire avec l’impression honteuse d’être une usurpatrice…
Je n’étais pas à ma juste place. Je savais très bien que je devais rester en deuxième et que je n’avais pas les connaissances nécessaires pour être en troisième. Mais j’avais fait l’innocente et j’avais joué de mon âge qui indiquait « 3ème » en lettres de feu. Ils allaient tous se rendre compte de mon ignorance et de mes lacunes et ils allaient « me jeter ». Les autres filles de la classe se connaissaient déjà et m’adressaient à peine la parole. Il faut dire que je restais bien planquée dans mon coin pour ne surtout pas attirer l’attention sur moi. Garder mon anonymat le plus longtemps possible pour que ma forfaiture ne soit pas découverte trop tôt (…)
…Je ne pouvais pas me montrer ingrate. Au bout de quelques semaines, j’arrivais presque à écrire une dictée sans faire de faute à chaque mot. Je parvenais à résoudre des problèmes à ma manière en attendant de connaître les règles par cœur. J’utilisais mes doigts en cachette pour le calcul mental et les multiplications. Je m’appliquais tellement bien en écriture que ma calligraphie devenait enluminure. Enfin, presque. J’avais encore le majeur droit bleu de l’encre qui coulait de mon porte-plume et j’avais toujours un trou çà et là sur mes feuilles à force d’avoir voulu gratter l’erreur. Mais je levais le doigt pour intervenir et ça faisait un bien fou, je ne mettais plus des plombes pour répondre aux questions et mes devoirs n’étaient plus un calvaire… »
Quelques mots sur l’auteure
Fébronie Tsassis termine ses secondaires gréco-latines et suit des cours du soir en dessin à l’Académie de Dessin comme architecte d’intérieur. A 48 ans, après plusieurs années dans le secteur marchand, elle reprend des études en Sciences sociales du Travail et peut ainsi se réaliser en étant au service de l’humain. Devenue formatrice ainsi que coach en communication et développement personnel, elle termine sa carrière dans une ASBL d’économie sociale. Retraitée, elle continue à donner des formations ainsi qu’à coacher des personnes en manque de confiance en soi ou en recherche d’emploi. Elle a également créé L’Atelier de Fée Brownie qui propose des attrapes-rêves fait main et uniques.
Passionnée d’Histoire, elle rédige ses mémoires dont « Il était une fois une Phie » est la première partie et « La métamorphose d’une Phie » est le deuxième volet.